La propriétaire de l’établissement, Isabelle Desgagné, en était à sa troisième expérience d’embauche d’une personne en situation de handicap lorsqu’elle a acquiescé à la demande du SSMO de la région en engageant Joanie (nom fictif) comme assistante à la personne pour la période des vacances. Elle était aussi heureuse de donner à une étudiante la chance d’acquérir un peu d’expérience dans un domaine qui l’intéressait, même si elle ne cherchait pas de personnel à ce moment. La subvention salariale de la mesure Étudiants handicapés en action (EHA) de SPHERE a ainsi été déterminante pour soutenir son projet d’inclusion.

Reprendre les études, oui, mais…

Joanie doit composer avec un TDAH, et même si elle est désireuse d’apprendre et d’acquérir une formation, les difficultés d’apprentissage découlant de son trouble complexifient son parcours au sein d’une structure d’enseignement typique. Elle a donc souhaité demeurer à l’emploi de la résidence pour faire sa formation d’aide préposé en RPA, une formule travail-études étalée sur neuf semaines, établie dans le cadre de la mesure Apprentissage pratique en milieu de travail (APMT) de SPHERE. Cette solution a été possible grâce au soutien de Mme Desgagné qui, ayant vu le potentiel de Joanie, a collaboré avec l’agente du SSMO afin de faire les ajustements nécessaires, tout en bénéficiant du soutien financier de SPHERE pour permettre à Joanie d’y poursuivre sa formation.

Réunir les conditions gagnantes

Selon Mme Desgagné, réussir à bien intégrer une personne en situation de handicap à son équipe de travail demande d’être à l’écoute de la personne, de la comprendre et de reconnaître ses limites. Il faut être flexible, lui donner du temps et respecter son rythme d’apprentissage, tout en lui offrant un accompagnement stable. À cet égard, la propriétaire de la RPA souligne qu’elle a reçu beaucoup d’aide et de soutien du SSMO, qui a été ouvert à collaborer pour s’adapter à la réalité de la participante lors de la mise en place de sa formation.

 

Elle apprécie aussi la documentation fournie et la disponibilité du personnel de l’organisme à répondre à ses questions. Son expérience avec les professionnels de SPHERE s’est aussi avérée très positive. Selon elle, les documents relatifs à la demande de service sont bien faits et le volet administratif ne représente pas une charge trop lourde pour la petite entreprise.

« Donner la chance à quelqu’un, c’est se donner une chance »

 

Si la situation se représentait, la propriétaire du Pavillon Beauséjour n’hésiterait pas à employer une autre personne en situation de handicap, les deux personnes précédemment embauchées ayant quitté leur emploi parce qu’elles devaient déménager. Pour elle, tout le monde en bénéficie et fait des apprentissages et, malgré les inquiétudes du début liées à la performance, l’idée de faire place à une relève désireuse de travailler est positive en soi.

 

En plus des rudiments du métier, Joanie apprend beaucoup des expériences de vie des autres membres du personnel, qui collaborent avec elle et avec qui elle développe de belles relations de travail. La cuisinière a même partagé quelques-unes de ses recettes avec elle. L’impact le plus important se fait toutefois sentir auprès des résidents : le jeune âge de Joanie lui permet de tisser des liens intergénérationnels qui enrichissent le milieu.